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Patrimoine


Les moines bénédictins du prieuré de Saint  Romain le Puy vinrent s’établir en ces lieux probablement aux environs du XIe siècle. Leur première tâche fut d’entreprendre la construction d’une chapelle de taille bien modeste puisque selon les apparences, elle ne mesurait qu’une dizaine de mètres de longueur. Sans doute l’édifièrent-ils à proximité des bâtiments d’habitation. Le village commença dès lors à se développer.

Jusqu’au  XIVe siècle le bâtiment religieux ne fut pas transformé, mais à cette époque, l’insécurité qui régnait entraîna une première modification. En effet, alors que les bandes d’anglais dévastaient la région par des incursions réitérées, on éprouva le besoin impérieux de fortifier efficacement la place. Il est vrai que la montagne toute proche qui surplombe le bourg au sud-ouest n’en fit pas un lieu imprenable, tant s’en faut. On décida donc de construire au chevet de la chapelle une haute tour de défense, véritable donjon, et l’on profita de la circonstance pour agrandir également l’église en allongeant notamment la nef et en renforçant les défenses extérieures de l’édifice. Vers la fin du XIVe siècle les périls anglais commencèrent à s’éloigner et les archives signalent pour la dernière fois une bande de pillards dans les parages au mois de février 1389.

Mais au XVIe siècle, un autre fléau infesta la région et laissa à Marols un amer souvenir de son passage, il s’agit bien sûr du sanguinaire Baron des Adrets. En 1562, il fait une incursion jusqu’au village, le ravage et incendie les maisons. Fort heureusement il ne se livre pas aux mêmes massacres que dans les localités voisines. L’église en particulier souffrit beaucoup de cet incendie et l’on se trouva dans la nécessité de faire d’importants travaux de restauration. Cependant l’argent faisait cruellement défaut et l’on dut remettre à un temps plus faste l’entreprise.

En 1772, les chapelains de Saint-Just de Lyon commandèrent les travaux. Ils comptaient faire largement participer la population au financement de l’opération, mais malheureusement la majeure partie des habitants du village, déjà accablés par les impôts ordinaires, ne put faire face à cette nouvelle dépense. Après quelques heurts entre les deux parties, les chapelains durent se rendre à l’évidence : la population ne pouvait  pas financer les travaux de réfection. Ils décidèrent finalement de les prendre à leur charge. Mais même en ce temps les finances de l’Eglise n’étaient pas inépuisables et il fallut bien vite s’arrêter par manque de fonds. Ce n’est qu’en 1838 que le préfet du département permit la reprise des travaux en octroyant une subvention de l’Etat. Finalement, la restauration abandonnée, puis reprise, ne se fît définitivement qu’en 1973.

Mais, il faut aussi se souvenir du fait que Marols fût une importante châtellenie forézienne. On la trouve répertoriée dans l’armorial de Guillaume Revel et, dans le croquis classé sous le n° 473, nous pouvons reconnaître les éléments principaux de l’ensemble. On voit notamment la haute tour de défense attenante à l’église et les  remparts avec l’entrée flanquée de deux tours rondes de taille imposante, le tout dans une perspective analogue à celle que l’on a encore quand on arrive sur la place principale lorsque l’on vient de Saint Jean Soleymieux.

On sait que, par un édit de 1771, cette châtellenie fût réunie à Saint Bonnet le Château.